Il est un des  grands réalisateurs français. Il est aussi l’auteur de films fondateurs de la Nouvelle Vague : Rentrée des classes, Blue Jeans, et Adieu Philippine, faisant avec Rentrée des classes de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur le lieu de naissance de la Nouvelle Vague.

cf Rentrée des classes tourné à Correns dans le Var, en 1955


Les cahiers du cinéma célébreront Adieu Philippine comme « le film le plus nouvelle vague de la nouvelle vague » dans le numéro spécial des cahiers du cinéma n° 138.


En plus de ses longs métrages (Adieu Philippine, Du côté d’Orouet, Les Naufragés de l’île de la Tortue, Maine Océan, Fifi Martingale), qui marquent l’histoire du cinéma comme des miracles d’humour, d’intelligence et de liberté, l’oeuvre de Rozier est abondante, généreuse. Elle comprend plus d’une trentaine de films, pour la télévision et le cinéma, des longs et des courts-métrages, des émissions …



PRESSE [EXTRAITS]


« Un des plus grands cinéastes vivants est français : Jacques Rozier. Mais le sait-on suffisamment ?

Admiré par Eustache, Pialat, Godard, il est régulièrement remis sous les feux de l’actualité, sans qu’on puisse dire que son nom est véritablement familier à un large public (...)

Parmi les cinéastes français de sa génération, il est unique : il est à la fois un cinéaste authentiquement populaire, et résolument expérimental, (à la fois Pagnol, qui fut en son temps un novateur) et Godard.

Populaires, les films de Rozier le sont par les acteurs qu’il emploie : Bernard Menez que le cinéaste a découvert, et qui, sous sa direction, est un des plus grands acteurs français, … Pierre Richard qui au plus fort de sa popularité, s’est lancé dans l’aventure des Naufragés…»

Mais aussi Jean Lefebvre, dans Fifi Martingale (ndlc).

Christophe Mercier,

Les lettres françaises, 30 novembre 2004


(…) Ce génie a pour nom Jacques Rozier, et quiconque l’ignore devrait vite s’y frotter... De fait, rien de plus échevelé, de plus funambulesque ni de plus poétique n’est arrivé au cinéma français depuis Jean Vigo.

Jacques Mandelbaum,

Le Monde, 23 novembre 2008


Bien sûr, nul plus que Rozier n’a cherché à inventer son propre espace battu par un vent frais et salé, une utopie rendant possible lʼalliance du cinéma le plus libre et expérimental avec la grande comédie populaire. (… ) Rozier fabrique de lʼ enchantement, de lʼ intempestif et du délice hédoniste. Comment fait-il ? On ne sait toujours pas, son art est dʼ autant plus impressionnant quʼ il ne se voit pas, la main du metteur en scène est le plus souvent invisible :

« Avec lui, le moindre gratin de pommes de terre devient sublime [...] Cʼest un prince : il respire. Aucune colère, aucune agressivité, aucune jalousie », dira de lui son cousin en figures libres Jean-François Stévenin.

Un prince, vraiment.

Didier Péron,

Libération, novembre 2008


Seuls les grands cinéastes savent ainsi maîtriser le temps, l’obliger à dire ce qu’ils veulent lui faire dire.

Et comme Rozier ne fait pas étalage de cette maîtrise, laissant au spectateur le soin de jubiler en même temps que lui de ses trouvailles, ce dernier ne peut qu’entrer dans ce jeu.

La fluidité même.

Emile Breton Jacques Rozier, le temps et le hasard

L’humanité 26 novembre 2008




FILMOGRAPHIE DE JACQUES ROZIER

site japonais >  http://www.rozier.jp

coffret DVD Jacques Rozier


LONGS METRAGES

Adieu Philippine  (1961) 103’/nb

Du côté d’Orouet  (1973) 150’/coul.

Les Naufragés de l’île de la Tortue  (1976) 140’/coul

Nono Nenesse  (1976) /coul. (inédit) 

Maine Océan  (1985) 131’/coul.

Josephine en tournée  (1990) 4 épisodes de 50’/coul.

Fifi Martingale  (2001) 127’/coul.

Le perroquet parisien (en cours)

Revenez Plaisirs Exilés (2010-2012)  sur « Alceste » de Lulli


COURTS METRAGES

Rentrée des classes  (1956) 24’/nb

Blue Jeans  (1958) 22’/nb

Romeos et jupettes  (1966) 11’/nb

Dans le vent  (1962 ) 8’/nb

Paparazzi  (1963) 22’/nb

Le parti des choses : Bardot /Godard  (1963) 8’/nb

Supplément au voyage en terre philippine (2008) 12’ nb et coul.


FILMS POUR LA TELEVISION

Cinéastes de notre temps : Jean Vigo  (1964) 90’/nb

Ni figue ni raisin n°5  (1965) 46’/nb

Ni figue ni raisin (n°8) de Corinthe  (1965) 61’/nb

Plusieurs Dim Dam Dom  (1967/1968/1968)

Vive le cinéma : Jeanne Moreau/ Orson Welles  (1972) 50’/nb

Marketing Mix  (1978) 15’/coul.

Lettre de la Sierra Morena (série : Lettre d’un cinéaste)  (1983) 30’/coul.

Oh oh oh Jolie Tournée  (1984) 60’/coul.

L’Opéra du Roi  (1989) sur ”Atys” de Lulli

Comment devenir cinéaste sans se prendre la tête (1995) 17’/coul.Arte




FILMOGRAPHIE DU REALISATEUR


Sorti de l’Idhec Jacques Rozier fait un stage de quelques semaines sur French Cancan de Jean Renoir, puis entreprend en production « sauvage » un premier court métrage, Rentrée des Classes, suivi d’un second, Blue Jeans.

Ces deux courts métrages obtiennent tous deux les distinctions à l’époque appelées « Primes à la qualité ».


 Rentrée des Classes est montré à Venise. Blue Jeans présenté au Festival de Tours attire l’attention de Jean-Luc Godard, à ce moment critique aux Cahiers du Cinéma.


En 1960, Rozier réalise son premier film Adieu Philippine, aperçu de la jeunesse française de l'époque avec en arrière-plan la guerre d'Algérie.


En 1962, l’Association française de la Critique de films, participant au Festival de Cannes et ayant décidé d’y décerner un Prix, désigne Adieu Philippine qui obtient ainsi historiquement le premier prix attribué par cette Association. Le film sort l’année suivante et devient l’un des films phares de la Nouvelle vague.


L'année suivante il produit et réalise en même temps en marge du tournage du Mépris deux documents : Paparazzi sur les rapports conflictuels de Brigitte Bardot avec ces photographes chasseurs d’images, dont la désignation sous le terme « paparazzi » n’est pas encore arrivée en France, et Le Parti des choses : Bardot-Godard sur la rencontre cinématographique inattendue à l’époque de ces deux stars, l’une du cinéma traditionnel, l’autre de la Nouvelle Vague.



En 1964, Rozier va travailler à l'ORTF pour réaliser Cinéastes de notre temps – Jean Vigo.

Toujours pour l’ORTF : il réalise deux fantaisies musicales dans une série initiée par Michèle Arnaud où il fait la rencontre de Pierre Richard  Ni figue ni raisin N° 5, Ni figue ni raisin N°8, émissions musicales Au cœur de la musique de Bernard Gavoty , un certain nombre de sujets pour Dim-Dam-Dom produits à l’ORTF par Daisy de Galard.


En 1969, il réalise Du côté d’Orouet qui inaugure la carrière cinématographique de Bernard Menez. Le film sera montré à Cannes à la Quinzaine des Réalisateurs.


En 1972 Vive le Cinéma, tourné au Ritz, avec Jeanne Moreau et Orson Welles.


En 1974, Les Naufragés de l’Île de la Tortue, film avec Pierre Richard et Jacques Villeret, alors débutant dont c’est le premier vrai grand rôle au cinéma, Patrick Chesnais, Maurice Risch.


En 1975, Nono Nenesse, première tentative en France de report sur pellicule 35mmm pour grand écran cinéma d’un enregistrement vidéo analogique, suite à la découverte par Jacques Rozier de 200 Motels film de Frank Zappa tourné de cette façon, ce que Rozier considère dès ce moment comme la technologie du futur.

Le sujet de Nono Nenesse est une pochade inspirée de Brats de Laurel et Hardy. Bernard Menez, Jacques Villeret, Maurice Risch se transforment en bébés puis en petits garçons, dans un décor construit à l’échelle, tourné aux Buttes Chaumont dans les studios de la SFP, avec la "bénédiction" de son Directeur général Jean Drucker. Le film a été réalisé en collaboration avec Pascal Thomas.


En 1985, Maine Océan fait se rencontrer de façon imprévisible des contrôleurs de la SNCF, des marins-pêcheurs de l’Île d’Yeu, une avocate parisienne, une danseuse brésilienne de l’Ecole de samba Beija Flor, un imprésario latino-américain.


1989, Joséphine en tournée une série de 4 épisodes sur une petite troupe sillonnant le Languedoc en représentation d’opérettes… ou de comédies de Molière.


Années suivantes films musicaux : L’Opéra du Roi sur Atys de Jean-Baptiste Lulli, « Revenez Plaisirs exilés » sur Alceste également de Jean-Baptiste Lulli, réalisés pendant la mise au point de ces deux opéras par leurs Directeurs musicaux William Christie et Jean-Claude Malgoire, et leurs Metteurs en scène Jean-Marie Villégier et Jean-Louis Martinoty 


En 2001 Jacques Rozier présente à la Mostra de Venise Fifi Martingale, comédie sur le théâtre de boulevard avec Jean Lefebvre dans un rôle inattendu.


En 2010 et 2011, une autre version de Fifi Martingale sera présentée dans quelques  festivals en France (FID, La Roche–sur Yon) et à…. Tokyo.


En 2013 une version long métrage de Revenez plaisirs exilés est réalisée. Une première esquisse de cette version long métrage avait été auparavant présentée à l'Action Christine.


Un long métrage, Le perroquet parisien est en cours.

JACQUES

ROZIER